Découvert et baptisé par le chimiste suédois Berzelius en 1817, le sélénium est présent partout dans l'écorce terrestre et se retrouve donc dans les végétaux. Sa répartition n'est toutefois pas uniforme sur le globe. Parmi les régions qui en sont pauvres, on compte notamment la Finlande, la Nouvelle-Zélande et certaines parties de la Chine ainsi que, dans une moindre mesure, le Royaume-Uni et l'Europe en général.
C'est à partir des années 1950 que des études sur des animaux ont permis de démontrer l'importance cruciale de l’action synergique du sélénium et de la vitamine E, deux antioxydants bien connus, dans la prévention de diverses maladies. En 1973, des chercheurs de l'Université du Wisconsin démontraient que le sélénium était un cofacteur de la glutathion-peroxydase, un enzyme clé de l’activité antioxydante dans l’organisme.
Depuis 1984, la Finlande a instauré un programme d'enrichissement des engrais agricoles avec du sélénate de sodium. Les apports en sélénium alimentaire ont triplé dans ce pays et l'incidence des maladies du coeur et de certains cancers a diminué.
Depuis quelques années, les apports alimentaires en sélénium diminuent considérablement en Europe, notamment au Royaume-Uni, où de 1975 à 1994, ils sont passés de 60 µg/jour à 34 µg/jour18. Des experts s’inquiètent des conséquences possibles d’une telle déficience en sélénium sur la santé19.
La plupart des régions des États-Unis (sauf les plaines de la côte est et la région nord-ouest du Pacifique) et du Canada possèdent un sol riche en sélénium; on associe d'ailleurs la diminution des apports en sélénium au Royaume-Uni à l'arrêt de l'importation de blés durs américains et canadiens18. On estime que l'apport alimentaire moyen est, aux États-Unis, d’environ 125 µg/jour.
Le sélénium est un oligo-élément (c'est-à-dire que l’organisme n’en a besoin qu’en très petites quantités) indispensable à l’organisme humain. Il est présent à l'état de traces dans les aliments.
Comme la plupart des oligo-éléments, le sélénium joue un rôle clé dans l'ensemble de l'organisme. Sur le plan intracellulaire, il a un effet antioxydant, car il permet à l'organisme de produire la glutathion-peroxydase. Cet enzyme travaille de concert avec la vitamine E pour protéger les membranes cellulaires contre l'oxydation provoquée par les radicaux libres. En excès, ces derniers entraînent un vieillissement précoce et contribueraient à l'apparition de certains types de cancers, de maladies cardiovasculaires ainsi qu’à la formation des cataractes. Le sélénium joue également un rôle essentiel dans le fonctionnement du système immunitaire et de la glande thyroïde.